La qualité de l’eau est un enjeu de santé publique majeur, c’est pourquoi une réglementation fournie et précise encadre sa production et sa distribution. Le défi pour les services des eaux est de contrôler la qualité en permanence, du captage au robinet, pour réagir rapidement en cas de problème. Or, ce suivi peut être très contraignant pour les collectivités, comme en témoignent les exploitants du forum FluksAqua.

 

Qualité de l’eau : les déboires des exploitants 


 

Le traitement de l’eau, dans les usines de production ou au fil du réseau doit toujours être adapté en fonction de la qualité de l’eau brute et de l’évolution de la qualité d’eau dans les réseaux de distribution, afin d’assurer la conformité réglementaire et prévenir tout risque sanitaire.

 

Normes et obligations réglementaires

En France, la qualité de l’eau potable est encadrée par la Directive européenne 98/83 du 3 novembre 1998 et le décret 2001-1220, qui fixe les limites et références de qualité pour l’eau potable. Le décret 2007-49 du 11 janvier 2007 régit les normes en vigueur actuellement, listant les paramètres microbiologiques et physico-chimiques à mesurer, ainsi que les niveaux-guides et les concentrations maximales admissibles pour chacun d’entre eux. Au total, ce sont une trentaine de paramètres à respecter. Le site Data.gouv estime que le contrôle sanitaire donne lieu chaque année à la réalisation de plus de 300 000 prélèvements d’eau et de l’ordre de 12 millions d’analyses.

Les exploitants cherchent à respecter ces normes et obligations réglementaires intelligemment, en optimisant leurs ressources. 

 

Mise en oeuvre opérationnelle


Concrètement, ils adaptent les traitements sur la base d’un petit nombre de paramètres analysés : turbidité, conductivité, pH, et autres paramètres en fonction de la qualité de l’eau brute. Ces mesures sont complétées par des analyses continues en ligne, principalement de chlore et parfois de turbidité, sur les plus grands réseaux, associées à des installations de re-chloration.

Les prélèvements assurés par les agences régionales de santé (ou délégués à des laboratoires, avec toutes les mesures que cela entraîne dans le service), permettent parfois d’identifier des zones blanches sur lesquelles les services manquaient de visibilité. En cas de non conformité, toute une procédure s’enclenche, afin de s’assurer que le problème est réel (en écartant les cas de  contamination accidentelle des échantillons, ou les échantillons non représentatifs), et s’il l’est, d’identifier sa source et mettre en oeuvre les solutions potentielles.

En général, il s’agit de travaux à réaliser pour remédier définitivement à un problème (installation de purges automatiques sur une antenne, maillage du réseau ou renouvellement de canalisations anciennes). Lorsque l’origine du problème reste mal définie, ou que des travaux ne sont pas envisageables, un suivi accru peut néanmoins être mis en place pour acquérir des données supplémentaires et augmenter la réactivité des équipes d’exploitation. Ce suivi permet de repérer les anomalies et d’éviter les dérives, et passe par la mise en place de prélèvements complémentaires ou, pour encore plus de réactivité, par la mise en place d’une instrumentation adaptée. 

 

De l’importance de la donnée

 

Un accès permanent aux données -ou des systèmes d’alarme- évite aux services des eaux bien des inquiétudes, en leur permettant une réactivité maximale. Ils peuvent alors réaliser des analyses complémentaires de contrôle, informer les usagers, identifier et contrôler les sources de pollution, adapter le traitement ou stopper temporairement la production d’eau si nécessaire. “Une augmentation de la consommation de chlore à un moment où la température explose traduit un problème potentiel.” explique Cyrille Lemoine, directeur général de Neroxis (filiale de la société Birdz). “Couplée à la pression, la conductivité va permettre à l’exploitant de savoir si quelqu’un a ouvert une vanne, si le réseau est en dépression ou surpression par rapport à la normale. Tout ceci donne des éléments clés nécessaires aux investigations et chacun de ces paramètres, suivant leur variation et leur analyse conjointe, va permettre d’affiner le diagnostic.” 

Les sondes multiparamètres, comme les KAPTA, sont une solution flexible pour les collectivités souhaitant surveiller les paramètres clés de la qualité d’eau, en particulier sur les longs réseaux dont certaines portions sont difficilement accessibles ou non reliés à une source d’énergie.